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un des effets inattendus de la mondialisation : la pratique du qi gong, autrement
dit le travail de l'énergie et du souffle (une pratique millénaire en Chine),
devient peu à peu un outil plausible de prévention des maladies en Europe.
Le 18 juin a eu lieu à Paris, Aix-en-Provence, Chambéry, Rennes et Toulouse, la 12e
Journée nationale de qi gong. Ce fut l'occasion de distinguer, lors de démonstrations
publiques et d'ateliers-débats, cette pratique ancestrale de médecine traditionnelle
chinoise - reconnue par le corps médical français et intégrée à un diplôme
universitaire dispensé à la faculté de médecine de Bobigny (Seine-Saint-Denis)
-, des multiples médecines douces ou naturelles, à la mode mais plus ou moins
fiables. Avec 20 000 pratiquants réguliers et autant d'occasionnels, le qi
gong se fait une place grandissante en France. Ce sont surtout des femmes
âgées de 40 à 70 ans qui s'y intéressent pour mieux vivre et lutter contre
le stress.
En Allemagne, le qi
gong est reconnu par au moins deux caisses fédérales d'assurance-maladie
(AOK et BKK notamment), qui remboursent les séances lorsqu'elles sont prescrites
par un médecin. En Suisse, certaines mutuelles remboursent aussi les frais
de stage lorsque ceux-ci sont dispensés par des enseignants diplômés.
"Dans
ces pays, on considère sur la base d'études scientifiques que les personnes
pratiquant le qi gong dépensent moins en frais médicaux", explique Dominique
Casays, masseur-kinésithérapeute français et président de la Fédération européenne
de qi gong et arts énergétiques. En Allemagne, on peut même se rendre dans
certains centres de sécurité sociale et participer gratuitement à des cours.
AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE
En
France, cette méthode commence à être utilisée - avec l'acupuncture -, dans
certains services hospitaliers pour améliorer la qualité de vie des malades,
diminuer les effets secondaires des médicaments et aider des patients hospitalisés
à supporter le traitement lors de longues maladies, mais elle est encore
loin d'être acceptée par les institutions. Aux sceptiques, le professeur
Jean-Raymond Attali, endocrinologue et responsable du diplôme universitaire
d'étude sur la médecine traditionnelle chinoise au CHU-Paris-XIII, affirme : "Le qi gong n'est pas une question de foi. Il fait partie d'une autre médecine qu'il faut apprendre à comprendre. Il ne faut surtout pas le confondre avec certaines pratiques proches du charlatanisme."
Le
qi gong n'est pas non plus un art martial, contrairement au tai-chi-chuan
et à l'appréciation du ministère de la jeunesse et des sports, qui voudrait
faire de la Fédération de qi gong une fédération sportive. Bien que ses différentes
formes aient toutes une base commune (la conception taoïste de l'équilibre
du yin et du yang), le qi gong consiste en un enchaînement très lent de huit
mouvements. Il ne suppose aucune recherche de performance ni le moindre esprit
de compétition. Chaque série de mouvements doit être prescrite par une personne
compétente en médecine traditionnelle chinoise afin de répondre parfaitement
à des symptômes précis. Le qi gong est surtout connu pour renforcer et assouplir
la structure musculaire et le squelette, et protéger les fonctions essentielles
de l'organisme.
A raison de quinze minutes par jour, d'une heure hebdomadaire
ou d'un stage annuel, on apprend rapidement à reproduire les exercices debout
ou au sol. Ces derniers agissent sur les méridiens énergétiques (utilisés
en acupuncture) situés de part et d'autre du corps. Il existe des séries
d'enchaînement spécifiquement destinées aux femmes et d'autres censés préserver
l'énergie sexuelle. Le qi gong peut aussi préparer, notamment les enfants
à partir de 8 ans, aux activités sportives, artistiques et éducatives grâce
à un travail en douceur. Bien plus efficacement, assurent les convaincus,
que n'importe quelle gymnastique douce.
Reste à trouver un professeur
parmi les 350 diplômés français signataires de la Charte d'éthique des enseignants.
Puis à mettre la main au porte-monnaie (entre 9 et 15 euros la séance à Paris,
et entre 6 et 13 euros la séance en région), sans escompter, aujourd'hui,
le moindre remboursement.